
Années 1950 - 1959
Dans les années 1950, l'exploitation du calcaire connaît une période charnière, marquée par la transition entre les méthodes artisanales et une industrialisation massive. C'est une nécessité pour répondre aux besoins de la reconstruction après-guerre.
En savoir plus sur le calcaire
C'est un intrant stratégique indispensable à la sidérurgie, en cette période où la production d'acier est le moteur de la reconstruction européenne.
Le rôle de "fondant" (la castine)
Le calcaire brut, appelé "castine" dans le jargon métallurgique, est chargé directement dans le haut-fourneau avec le minerai de fer et le coke.
Formation du laitier : À haute température, le calcaire se combine avec les impuretés du minerai (comme la silice et l'alumine) pour former le laitier, une scorie liquide qui flotte sur la fonte en fusion.
Protection du métal : Ce laitier protège le bain de métal de l'oxydation et permet d'évacuer les déchets par simple écoulement.
L'affinage de l'acier (la chaux)
Une fois la fonte produite, elle doit être transformée en acier. Cette étape utilise massivement de la chaux vive (calcaire calciné) :
Déphosphoration et désulfuration
La chaux est ajoutée dans les convertisseurs (comme le procédé Thomas, encore très utilisé à l'époque) pour capturer le soufre et le phosphore, des impuretés qui rendent l'acier cassant.
Les résidus de ce processus, appelés "scories de déphosphoration", sont très riches en chaux et en phosphore, et sont revendus comme engrais aux agriculteurs de la région.